La bulle de Lili

Putain

Encore un matin, un matin pour rien...
Cette impression de lassitude. De tourner en rond.
Ca faisait pourtant longtemps que je n’avais pas fait ça. Je suis intransigeante avec moi-même.
Quatre verres de vin, des clopes que j’arrête de compter, des conneries racontées.
Hier soir à un moment donné j’ai eu envie de lâcher. J’ai eu besoin d’oublier. D’oublier que j’ai l’opération qui arrive, oublier que my body my temple, et juste boire, fumer, rire. Juste ça. Arrêter de devoir penser à tout, tout le temps. Juste faire une pause et le temps d’un apéro oublier tout tout tout.
Etre très consciente pourtant que je vais passer une nuit de merde et que je vais regretter. Mais le faire quand même.
Et là, voilà, il est 9h06. Insomnie à 4h du mat, évidemment. Gros regrets ce matin, évidemment. Evidemment.
Alors je me dis quoi ?
Je me trouve bête bête bête. D’avoir succombé. D’être retourné dans ce petit cercle vicieux qui me dérange tant.
D’avoir exulté à l’idée d’un weekend de fiesta à l’aube de mon opération. Soyons sérieux : ça ne sera pas possible, hein.
J’ai voulu faire comme si.
J’ai voulu faire comme si tout allait bien, tout ça.
La vérité c’est que toujours pas, non. Ca ne va toujours pas, et ça ne me va toujours pas de me faire opérer dans moins d’un mois.
Ca ne me va toujours pas d’être en train de vivre mes dernières règles, ça ne me va pas de retomber dans cette case cancer dans quelques semaines, de vivre ça. Putain, j’ai pas envie.
Ca ne me va pas de vieillir, ça ne me va pas de me dire qu’un jour je mourrai.
Ya beaucoup de choses qui remontent, en ce moment, putain.
Putain, oui. J’ai juste envie de crier ma colère.