La bulle de Lili

Les choses

Les choses bougent, les choses évoluent, et le tout m’épate.
Je suis dans son salon, la porte-fenêtre ouverte sur son jardin, tout ce vert, les hamacs tendus entre les arbres. Je dois surveiller que l’eau de la piscine ne déborde pas. J’entends le lave-vaisselle derrière moi, qui lave tous les ustensiles utilisés pour le repas de ce midi. Bon petit repas, salade lentilles pommes noix saumon, et îles flottantes. Son dessert préféré.
Je souris en écrivant cela, je souris en pensant à lui. Il est tendre. Il est gentil et attentionné. Je souris parce que je suis heureuse d’être là avec lui en ce moment. Il m’apporte énormément de douceur et de joie.
Je souris parce qu’après des semaines de crispation dans mon moi, j’ai l’impression que tout s’apaise et tout avance. Que tout ça n’aura pas été vain, finalement.
Que j’obtiens les choses. Et je me rends surtout compte du pouvoir de la demande. Et que si on ne dit pas ce qu’on veut, si finalement on ose pas prendre sa place, personne ne nous la donnera. Alors qu’il suffit de le dire.
Je découvre le pouvoir de la parole, des choses que je dis, je découvre que j’ai une voix et une place, et que quand je dis les choses, je suis écoutée, reconnue et respectée.
Ca n’est pas toujours simple. Avec ces travaux à la maison, je suis passée par des phases de paralysie. Mais écoute j’ai l’impression que ça me fait avancer. Déjà, je me rends compte quand ça me paralyse.
Et puis tout s’arrange, et puis mes éditeurs veulent continuer de bosser avec moi, et puis je trouve un nouveau taf où on accepte la rémunération que je demande et où on met en valeur mon profil littéraire, et puis je vais avoir l’été libre pour vadrouiller, seule ou avec mes petits. Ou avec lui.
J’ai envie de lui dire que je l’aime, mais je ne veux pas le brusquer ou qu’il se referme comme une huître. Alors je profite de tous ces jolis moments avec lui, de ses bras qui m’attirent contre son corps, de son regard sur moi. De son rire. De nos rires.