La bulle de Lili

Le chalet de Gaspard

Ce matin,j’étais dans ma mini-rando du jour. Une clairière, grande, un chemin, des montagnes à gauche et à droite.
J’étais seule, j’observais la nature, tout ça.
Et puis j’ai entendu des voix derrière moi, et ça m’a soulée, parce que je voulais la montagne vraiment que pour moi.
Alors je me suis arrêtée, je me suis assise au bord du chemin, et je les ai laissés passer.
Et puis derrière, yavait d’autres gens, donc j’ai décidé d’attendre cinq bonnes minutes que tout le monde passe et que je puisse retrouver la tranquillité.
Mon téléphone captait pas, je pouvais pas faire mon check Facebook-Insta comme d’hab, j’étais seule, au milieu de rien, à attendre que les gens passent.
Alors j’ai regardé autour de moi. Tout là-haut, j’ai vu le toit d’un chalet. Chalet en bois, avec une grande baie vitrée.
Je me suis demandé quelle était l’histoire derrière ce chalet perdu. Je l’ai imaginée.
Construite par une famille de bûcherons de père en fils. Un beau chalet en bois. La nouveauté, c’est que Gaspard, le petit-fils, bûcheron lui aussi, a construit cette immense baie vitrée sur tout un côté du chalet. Personne n’y croyait. Des vitres, Gaspard ! En montagne ! On ne peut pas !
Mais Gaspard a tenu bon. Il les a orientées plein sud pour que le soleil réchauffe la maison pendant l’hiver.
Mais pendant l’été ?

Et là j’ai séché.
Bah oui Gaspard, l’été, tu en fais quoi ? Surtout que l’été, il fait de plus en plus chaud, même en montagne. Alors c’est quoi ta solution Gaspard ?

J’étais là, les fesses dans l’herbe, à me demander à quoi avait bien pu penser Gaspard pour mettre des vitres plein sud.
Et puis d’un coup j’ai su.

Le chalet se tourne en été. En été, les baies vitrées s’orientent vers l’autre côté de la vallée, celui qui reste frais toute l’année.
C’est tout, c’est aussi simple que ça. Le chalet rotate, et à l’automne, hop, les baies vitrées reviennent plein sud.

J’ai aimé ces cinq minutes à réfléchir à une solution, à imaginer Gaspard en train de construire son chalet, et surtout à trouver ce pied de nez final. C’était pourtant facile, un chalet qui tourne, non ?