La bulle de Lili

Ca tourne dans ma tête

Quelque chose me travaille depuis quelques jours alors je vais le poser là et comme ça après je n’y pense plus.
J’espère.
Je me demande si j’ai vraiment fait le deuil de mon mariage.
Je me demande si j’ai vraiment cicatrisé, je me demande si je l’aime encore.
J’ai beaucoup de petites voix en moi et autour de moi. Mat qui me dit qu’on ne s’aimait plus depuis longtemps, Al* qui me dit que c’est facile de dire ça maintenant. Et moi au milieu qui me dis : mais c’est quoi, ce que je ressens, moi ?
A l’intérieur de moi je sais que j’ai été blessée qu’il me dise ça. Parce que j’ai l’impression que du coup ça minimise notre histoire d’amour et notre engagement. C’est ma vision des choses, elle m’appartient.
En fait ce que j’aurais voulu...
Ce que j’aurais voulu c’est qu’on puisse ressortir plus forts de cette épreuve.
Je sais qu’à un moment donné j’ai dû fuir pour exister, et ça, ça n’était pas possible autrement.
Je crois que je ne lui pardonne toujours pas, en fait, d’avoir eu cette réaction si violente, cette phase complètement dingue à ce moment précis de ma vie. Lui sur qui je comptais depuis plusieurs années. Qui m’a lâchée à ce moment-là.
Peut-être que je l’ai lâché aussi, finalement, en refusant d’entrer dans son jeu. Mais je ne pouvais juste pas, pas à ce moment-là de ma vie.
J’aurais voulu qu’on puisse faire une pause sereinement sans que ça parte dans les extrêmes.
Et j’aurais voulu qu’on puisse se retrouver après.
C’est sûrement très facile de dire ça six ans après, sachant que j’ai vécu des choses exceptionnelles ces six dernières années, qui n’auraient pas été possibles si nous avions été mariés.
Mes voyages.
Ma relation avec mes enfants.
Ma jolie petite maison rien qu’à moi.
Mes rencontres, mes amis, mes amants.
Mon yoga.
Pourtant force est de constater que quelque chose s’est brisé en moi en même temps que notre mariage. Je suis aussi blessée de voir qu’il s’en est remis beaucoup plus vite que moi et qu’il vit une histoire épanouissante avec elle. Je suis jalouse, en fait.
C’est avec moi que tu aurais dû vivre un truc comme ça.
Moi, ça m’a brisée, cette histoire. Toi, ça t’a permis de grandir et d’en ressortir plus fort.
Putain.
Bon, c’est le moi isolée depuis cinq jours sans voir personne, et avec beaucoup de temps pour réfléchir qui parle, hein.
Bon, voilà, c’est posé. C’est brouillon. Je ne sais même pas ce qui est réel et ne l’est pas. Mais c’est sorti de ma tête.