La bulle de Lili

"Les mots c’est comme des bulles d’air. C’est brillant, c’est doux quand ça passe et après, vous cherchez et y a rien." (Claudette Lawrence)

Sans

Je crois que ces derniers jours je me suis cru invincible. J'ai cru que de nouveau je n'avais pas de limites. Enfin non, même pas "de nouveau", mais juste, zéro limites, enfin, comme si j'y étais enfin parvenue, après toutes ces années. Genre je deviens la meuf que j'ai toujours voulu être. Celle qui cuisine pour ses enfants, qui les écoute, ne s'énerve pas, checke des activités périsco trop cool pour eux. Celle qui a deux jobs en or et qui jongle de l'un à l'autre mais genre méga facilement. Celle qui va en vélo au taf, et qui du coup emmène aussi ses enfants en vélo à (...)

Tu gères, en fait

Il faut aussi écrire quand tout va bien, non ? Alors j'écris. Je suis heureuse en ce moment. Il y a un mois quand j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps dans cette salle d'opération, angoissée de l'effet de l'opération, angoissée de revenir dans cette clinique de sentir de nouveau toutes ces odeurs, de repasser par ce processus et avoir l'impression d'être étiquetée de nouveau "malade faiblarde"... je n'aurais pas cru être aussi bien un mois après. Que te dire ? Il fait encore beau et un joli weekend à la mer se profile. Marie arrive ce soir des Alpes et demain on se fait une (...)

Le rempart

Hier, un appel de mon père. Mon père chez qui j'ai passé une semaine en convalescence cet été - chose improbable, et pourtant. Mon père qui m'appelle pour me rappeler qu'ils sont là le weekend prochain et qu'il m'invite au resto avec le fils de ma belle-mère. Chouette, lui dis-je, mais j'ai les petits, tu te souviens ? Lui : bah tu les fais garder ! Ca sera trop compliqué au resto avec eux, franchement. Mokay. Donc je me dis que je vais les faire garder par la mère de Mat. Et pourtant, je n'arrive pas à l'appeler pour lui en parler. En fin d'après-midi, je me dis : en fait j'ai (...)

Ma place

Et donc depuis hier j'ai commencé un nouveau travail. J'arrive le matin, je traverse l'usine désaffectée. J'imagine les ouvriers, j'ai vu une photo où tu les vois il y a quoi, cinquante ans ? En vélo, tout sourire, devant l'usine. Maintenant l'usine est ailleurs, et ici, ce sont les bureaux. J'aime voir ici et là des traces du passé. Le carrelage et l'escalier de l'entrée. Et puis je monte, j'essaie de ne pas me perdre dans le dédale de couloirs. Je n'ai jamais travaillé dans une entreprise aussi grande. Peu de choses me rendent heureuse. J'ai un badge, une tasse, un titre. (...)

Je ne l'ai pas rêvé

Hier j'étais en bord d'un lac, avec mes petits chats, et mes neveux. Les jumeaux dont j'ai parlé si longuement au début de ce journal, à leur naissance, surtout, et quand j'étais allée rendre visite à mon frère dans son île. Voilà, ils rentrent en seconde. Coup de vieux hein ? Je sais. Bref c'était chouette. Ils s'occupent de mes petits à merveille, à un moment donné je n'avais rien d'autre à faire que la sieste, à l'ombre, sous les arbres. Tu te rends compte ? Quand je repense à mon épuisement, à 20 ans, quand je devais m'occuper d'eux, je n'aurais jamais cru vivre ce (...)

Le chalet de Gaspard

Ce matin,j'étais dans ma mini-rando du jour. Une clairière, grande, un chemin, des montagnes à gauche et à droite. J'étais seule, j'observais la nature, tout ça. Et puis j'ai entendu des voix derrière moi, et ça m'a soulée, parce que je voulais la montagne vraiment que pour moi. Alors je me suis arrêtée, je me suis assise au bord du chemin, et je les ai laissés passer. Et puis derrière, yavait d'autres gens, donc j'ai décidé d'attendre cinq bonnes minutes que tout le monde passe et que je puisse retrouver la tranquillité. Mon téléphone captait pas, je pouvais pas faire mon (...)

Aujourd'hui j'ai pris un thé

Je suis donc là, dans cette petite station de montagne, pas très loin de chez moi, une heure, je pense, peut-être un peu plus. Mais c'est la montagne ici, je suis à 1700 mètres d'altitude, alors que chez moi, en bas, c'est le Sud, c'est la canicule, c'est le littoral surpeuplé. Je dis ça, mais il y a beaucoup de monde ici aussi. Je suis dans un bar, pas très loin du mini appart où je dors, pour travailler. J'ai renvoyé mes BD, je sirote un thé. Les mouches m'agacent. Un client est au bar, et vu les obscénités qu'il profère à l'adresse d'une certaine Sandy (si j'ai bien compris, (...)

Tu imagines

Je suis jalouse et triste que tu partes en vacances avec ton ex-femme. J'aimerais te le dire, te dire que je trouve ça chelou, que ça me rend triste parce qu'en fait, ce que je sens, c'est que si tu n'arrives pas à te tourner entièrement vers moi, c'est parce qu'elle occupe une bonne partie de ton panorama. Elle n'y peut rien, et toi non plus, mais ce qui me soule c'est cette impression que tu me gardes sous le coude alors qu'en fait rien ne sera jamais vraiment possible entre nous. Et puis le pire dans tout ça, tu sais ce que c'est ? C'est que je ne sais pas si je veux quelque chose (...)

Putain

Encore un matin, un matin pour rien... Cette impression de lassitude. De tourner en rond. Ca faisait pourtant longtemps que je n'avais pas fait ça. Je suis intransigeante avec moi-même. Quatre verres de vin, des clopes que j'arrête de compter, des conneries racontées. Hier soir à un moment donné j'ai eu envie de lâcher. J'ai eu besoin d'oublier. D'oublier que j'ai l'opération qui arrive, oublier que my body my temple, et juste boire, fumer, rire. Juste ça. Arrêter de devoir penser à tout, tout le temps. Juste faire une pause et le temps d'un apéro oublier tout tout tout. Etre (...)

En vrac

Le technicien Enedis est passé. Et puis cet aprem le technicien Sogemachin est passé. Ils ne se sont pas coordonnés. Ils n'ont pas communiqué entre eux. Moi gentillette, j'ai fait rentrer les deux, montré le compteur, ils ont tous les deux trifouillé, et maintenant j'ai peur qu'on me facture quelque chose ou qu'on me reproche quelque chose. J'ai peur d'avoir été trop gentille et que ça se retourne contre moi. J'ai peur, encore une fois, d'avoir mal fait en voulant seulement être sympa. J'ai peur qu'on me reproche de ne pas avoir compris avant pourquoi j'avais deux interventions (...)

Et puis

Je ne sais pas, tu sais ? Je ne sais pas comment j'ai pu sortir de cette relation aussi vite. Il y a deux ou trois semaines il me manquait. J'organisais tout pour qu'on puisse se voir. Et puis... Et puis j'ai su que je devais me faire opérer, et puis tout a changé. Il est venu chez moi et je n'avais pas envie qu'il soit là. Physiquement. Et même encore là, après avoir rompu avec lui, répondre à un message de sa part me demande trop d'énergie. Comme si je lui en avais trop donné et qu'à présent je veux tout concentrer sur moi. Ca me fait bizarre, j'ai l'impression d'avoir un cœur (...)

Les choses

Les choses bougent, les choses évoluent, et le tout m'épate. Je suis dans son salon, la porte-fenêtre ouverte sur son jardin, tout ce vert, les hamacs tendus entre les arbres. Je dois surveiller que l'eau de la piscine ne déborde pas. J'entends le lave-vaisselle derrière moi, qui lave tous les ustensiles utilisés pour le repas de ce midi. Bon petit repas, salade lentilles pommes noix saumon, et îles flottantes. Son dessert préféré. Je souris en écrivant cela, je souris en pensant à lui. Il est tendre. Il est gentil et attentionné. Je souris parce que je suis heureuse d'être là (...)

Le manque

Ca ne m'était pas arrivé depuis longtemps, je crois, cette sensation. Ce manque. Ce manque de lui. J'ai passé trois jours chez lui cette semaine. Ce qui me frappe dans cette relation, c'est sa simplicité. On partage des moments simples, et on en est heureux. On n'a pas envie de se prouver dix mille choses, on est juste bien ensemble, à partager du quotidien. A se faire à manger, à discuter, à dire des conneries, à aller se balader, à faire l'amour inlassablement. A dormir ensemble, dans les bras l'un de l'autre. Et lui qui, quand il me sent bouger dans le lit, m'embrasse l'épaule (...)

Respirer

Une fois n'est pas coutume, hein... j'en ai marre. J'en ai marre des pigeons qui roucoulent sur mon toit et font leurs déjections sur le pas de ma porte d'entrée. J'en ai marre des délais de la Poste, qui ne cessent de s'allonger, ou qui du moins ne sont absolument pas réactifs. J'en ai marre de l'humidité dans cette maison et de me demander sans cesse si c'est insalubre et surtout comment faire pour que ça sèche. Et combien je vais débourser pour ça. J'en ai marre de scruter mon compte en banque sans cesse et d'avoir l'impression que mes clients ne me paient pas et surtout que je (...)

Sauter à pieds joints dans la flaque

Des fois je crois que j'ai la solution, que tout est simple, en fait, je ne sais pas pourquoi je me prends la tête. Je lâche mon job salarié, je crois en moi, et en avant Guingamp. Et puis des fois tout se complique dans ma tête. Je sais pourquoi, hein, ça allait, j'étais sûre de moi, et puis je lui en ai parlé, je l'ai senti tiquer sur le chômage, sur le fait d'être rien qu'à mon compte, et depuis, je panique. Bordel. Je dis "bordel" parce que je le vois douter et je me rends compte que je doute encore. Et que je me dis qu'il doute de moi et de mes capacités. Et du coup, ça (...)

Pas envie

Alors voilà, ils reviennent d'ici trente minutes, et le sentiment majeur, c'est que j'ai pas envie. Pas envie de partager mon quotidien ouaté avec eux, pas envie d'entendre leurs cris et hurlements, leurs négociations à la moindre petite chose. Pas envie de me décentrer pour me consacrer à eux. J'ai eu une semaine pour moi, mais j'ai l'impression de pas avoir eu assez de temps. C'est fou non ? Moi je trouve ça complètement dingue. Le pire c'est que je ne sais même pas ce que je ferais sans eux, hein. Là j'ai juste rien envie de faire. La pluie qui tombe sans cesse depuis hier, (...)

La chape de plomb

Il y a des jours où c'est léger, c'est fluide, j'avance dans ma journée en me réjouissant, hop je bosse le matin, je me prépare un dej devant la télé, hop je m'occupe de la maison ensuite, je vais marcher un peu, je me fais une heure de vinyasa, c'est parfait, merci la vie de m'apporter ce temps pour moi, c'est génial. Et puis il y a des jours comme aujourd'hui où je suis juste crevée et je sens que je n'ai pas d'énergie. J'en aurais, des choses à faire, pourtant. Des chapitres à corriger. Des documents à scanner et envoyer à ma cheffe qui me les a demandés hier. Une maison à (...)

Des fois

Je sais que j'ai des réactions bizarres des fois. Des besoins de reculer et de rester un peu seule, dans ma bulle. Je sais qu'on ne me comprend pas facilement. Même moi je me demande pourquoi je fais ça. Je sais juste que là aujourd'hui j'ai envie de soleil, de bosser, de faire du vinyasa tout à l'heure, et de rester seule, enfin pas seule, mais sans toi. Besoin de me retrouver moi. De ne pas t'avoir tout le temps à mes côtés. Même si en temps de confinement je sais que tu n'es pas vraiment à côté. Juste besoin de souffler pour me recentrer et me retrouver moi au milieu de tout (...)

Merci

C'est fou comme ce soir, je peux éprouver de la gratitude et de la reconnaissance. Dans le contexte actuel ça n'est pas toujours simple. Alors j'ai envie de le noter. Merci pour ces deux enfants si beaux, si lumineux, si gentils l'un avec l'autre (aujourd'hui, du moins...) et qui ont passé leur journée à rire, inventer des jeux, rire encore, se faire des câlins, et être enthousiastes pour tout ce que je leur ai proposé. Merci pour ce temps suspendu, finalement, qui me permet d'être avec eux, vraiment. Merci même pour ce tournis, ce matin, qui m'a donné envie de couper mon (...)

Dans tout ce merdier

Et donc oui, c'est récurrent : j'écris ici quand ça ne va pas, en fait. A l'heure qu'il est, je devrais être dans un avion pour Phnom Penh. Presque atterrir, même. Et puis les choses et ce virus de merde, et l'éventualité de se retrouver en quarantaine quelque part dans le monde ont fait qu'on a annulé, voilà. Et c'est le bad, en fait. Je pensais que je serais contente d'avoir une semaine pour moi rien que pour moi, et là je me retrouve chez lui, avec cette montagne de choses à faire, et en fait j'ai rien envie de faire du tout, voilà. En fait j'ai envie d'être dans l'avion et de (...)

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