La bulle de Lili http://lili.journalintime.com/ "Les mots c'est comme des bulles d'air. C'est brillant, c'est doux quand ça passe et après, vous cherchez et y a rien." (Claudette Lawrence) fr 2019-02-21T15:30:58+01:00 http://lili.journalintime.com/Cinq Cinq J'étais là, dans ce bureau, et je retenais un peu mon souffle pendant qu'il vérifiait des trucs sur mes taux hormonaux, qu'il me parlait de gens qui étaient plus malades que moi, que je lui disais que je l'avais croisé avec sa copine en ville, qu'il a observé mes tatouages, limite à la loupe. Il a prononcé quelques mots, dont ce que j'attendais depuis tellement longtemps : "c'est gagné !". Je suis sortie de son bureau, on a encore discuté comme des potes, il m'a dit "ouais reviens me montrer tes tatouages l'an prochain ouais !", puis m'a serré la main, et puis je suis sortie. J’étais là, dans ce bureau, et je retenais un peu mon souffle pendant qu’il vérifiait des trucs sur mes taux hormonaux, qu’il me parlait de gens qui étaient plus malades que moi, que je lui disais que je l’avais croisé avec sa copine en ville, qu’il a observé mes tatouages, limite à la loupe.
Il a prononcé quelques mots, dont ce que j’attendais depuis tellement longtemps : "c’est gagné !".
Je suis sortie de son bureau, on a encore discuté comme des potes, il m’a dit "ouais reviens me montrer tes tatouages l’an prochain ouais !", puis m’a serré la main, et puis je suis sortie.
Dehors il faisait bon, il faisait beau, j’ai mis mes lunettes de soleil, je suis retournée sur le parking.
Et là, la pression est retombée, j’ai commencé à pleurer.
J’ai appelé mon père pour lui dire "ça y est, papa, c’est fini, il a dit qu’on avait gagné. Ca y est. Oui je pleure mais juste parce que je suis contente". On a un peu discuté au téléphone, et puis j’ai raccroché, et j’ai fumé ma traditionnelle clope de l’après-visite, sur ce parking ensoleilllé à moitié désert, en savourant, et en mesurant le chemin parcouru.
Ca y est. J’y suis.
Cinq ans.
Je l’ai fait.

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2019-02-21T15:30:58+01:00
http://lili.journalintime.com/Qu-a-la-moitie Qu'à la moitié J'ai donc fêté mes 34 ans hier. C'est fou comme chaque année, le jour de mon anniversaire est un jour très particulier. Ce jour-là, tout glisse sur moi, le soleil brille, j'aime être le 17 février. Ce jour-là, je suis une princesse, je fais ce que je veux. Ce que je retiendrai d'hier ce sont évidemment toutes ces attentions, grandement facilitées par Facebook, j'en ai conscience. Ca a été le soleil, les gâteaux que j'ai cuisinés et qui étaient réussis, les oranges que j'ai pressées et mélangées à du prosecco, mes amis d'ici qui m'ont entourée, et ma Clara qui aboyait à J’ai donc fêté mes 34 ans hier.
C’est fou comme chaque année, le jour de mon anniversaire est un jour très particulier.
Ce jour-là, tout glisse sur moi, le soleil brille, j’aime être le 17 février. Ce jour-là, je suis une princesse, je fais ce que je veux.
Ce que je retiendrai d’hier ce sont évidemment toutes ces attentions, grandement facilitées par Facebook, j’en ai conscience.
Ca a été le soleil, les gâteaux que j’ai cuisinés et qui étaient réussis, les oranges que j’ai pressées et mélangées à du prosecco, mes amis d’ici qui m’ont entourée, et ma Clara qui aboyait à ma place "tu la laisses tranquille, c’est son anniversaire" dès qu’on me faisait l’ombre d’un reproche.
Ce que je retiens aussi c’est cette douceur de fêter un an de plus, de souffler mes bougies.
Je crois que cette année a vraiment une saveur particulière. Je touche aux cinq ans et je réalise de plus en plus à quel point cette échéance est importante pour moi.
Quand j’ai eu 29 ans, j’ai eu mon cancer, et je me rends compte depuis à quel point c’est bon de vieillir. Et à quel point j’ai déjà vécu tellement de trucs, et si Dieu le veut, je n’en suis qu’à la moitié de ma vie, en fait.
Merci.

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2019-02-18T10:19:49+01:00
http://lili.journalintime.com/Le-collier Le collier Samedi midi, mon père et sa femme sont venus me faire une bise à la nouvelle maison, et m'apporter les tapis qu'ils ont achetés pour les chambres des petits. On en a profité pour se caler dehors, au soleil, en pull. La douceur de l'air, ici. Je ne pourrai plus repartir. Bref. Dans cette maison, ce qui est nouveau, c'est que j'ai ressorti plein de vaisselle de mes grands-parents paternels, qui végétaient au fond du garage dans l'autre maison. La vaisselle qu'il y avait dans leur maison de vacances, que j'ai vue chaque été pendant mon enfance, et que j'ai décidé de garder. Que je suis Samedi midi, mon père et sa femme sont venus me faire une bise à la nouvelle maison, et m’apporter les tapis qu’ils ont achetés pour les chambres des petits.
On en a profité pour se caler dehors, au soleil, en pull. La douceur de l’air, ici. Je ne pourrai plus repartir. Bref.
Dans cette maison, ce qui est nouveau, c’est que j’ai ressorti plein de vaisselle de mes grands-parents paternels, qui végétaient au fond du garage dans l’autre maison. La vaisselle qu’il y avait dans leur maison de vacances, que j’ai vue chaque été pendant mon enfance, et que j’ai décidé de garder. Que je suis heureuse d’avoir chez moi, qui me rappelle des souvenirs ensoleillés, je sens la lavande, j’entends les cigales, je nous revois dans la cuisine fraîche, le carrelage froid sous les pieds, et la chaleur du dehors, et au loin, devant nous, la mer.
Bref. Je montre à mon père que j’ai récupéré la vaisselle, qui me rappelle de tellement bons souvenirs, je leur fais un café, on va dehors. D’un coup, mon père se lève, et va chercher quelque chose. Il revient avec une toute petite enveloppe, mon prénom écrit dessus. Je reconnaîtrais cette écriture entre mille. Celle de sa mère. Il m’explique que peu de temps avant son départ, quand elle a senti que c’était fini, elle a décidé de donner quelques bijoux aux petits-enfants. Mon père a oublié de me donner l’enveloppe depuis sept ans. Il l’a retrouvée récemment, la voilà.
Dedans, deux petites broches en or fin, et un collier avec un petit pendentif en diamant. Je le porte depuis, je me sens bien avec.
J’essaie d’imaginer ma grand-mère porter ce collier, je sens son influence en le mettant autour de mon cou.
Cette femme qui a tout fait pour sortir de sa condition, de son quartier populaire, qui a vu en mon grand-père, trois mois avant ses 18 ans, l’opportunité de se libérer, et qui s’est mariée au plus tôt pour pouvoir partir. Cette femme qui aurait voulu être médecin, mais qui pendant la seconde guerre mondiale ne pouvait pas, et qui en épousant un bourgeois a décidé qu’elle serait son épouse, qu’elle le suivrait partout. Cette femme qui a toujours été frustrée finalement de n’être que femme de, mère de, dans l’ombre. Cette femme à la volonté de fer.
Je parle d’elle, j’écris sur elle et j’ai encore son odeur poudrée dans les narines. Je sens ses joues, à la texture de pêche, contre les miennes. J’entends sa voix me dire de ne pas rentrer mes pieds à l’intérieur quand je suis assise.
Ma Nanou, cette altesse que j’ai finalement peu connu, parce que quand on est enfants, c’est toujours pareil, ils sont là, nos grands-parents, et c’est normal.
J’aurais aimé qu’on parle de son enfance à T, j’aurais aimé qu’elle me parle des années 1950 à Paris, des soirées, du champagne, de vivre sur les Champs-Elysées.
J’aurais aimé qu’elle me parle de leurs voyages, de sa condition de femme à cette époque.
Elle me manque, évidemment. Mais d’avoir ce collier me fait redresser la tête, apprécier d’être sa petite-fille, et me sentir fière de cette liberté qu’elle m’a léguée.

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2019-02-13T10:17:29+01:00
http://lili.journalintime.com/Le-cinema-interieur Le cinéma intérieur Je trouve ce manque de confiance en moi assez ouf, quand même. Je ne comprends pas pourquoi je m'auto-fais souffrir comme ça. Je rencontre quelqu'un qui me plaît, qui me fait beaucoup rire, qui me fait découvrir des nouvelles choses musicalement parlant, avec qui je peux avoir un échange vraiment ouvert et sincère. On a passé la soirée et la nuit ensemble samedi, c'était vraiment cool. Et évidemment, depuis hier, les questions arrivent en masse, se bousculent. J'ai trop parlé samedi soir. Trop dit "mes copains disent que". J'ai trop gesticulé, j'ai trop rigolé, je lui ai pas Je trouve ce manque de confiance en moi assez ouf, quand même. Je ne comprends pas pourquoi je m’auto-fais souffrir comme ça.
Je rencontre quelqu’un qui me plaît, qui me fait beaucoup rire, qui me fait découvrir des nouvelles choses musicalement parlant, avec qui je peux avoir un échange vraiment ouvert et sincère.
On a passé la soirée et la nuit ensemble samedi, c’était vraiment cool. Et évidemment, depuis hier, les questions arrivent en masse, se bousculent.
J’ai trop parlé samedi soir. Trop dit "mes copains disent que".
J’ai trop gesticulé, j’ai trop rigolé, je lui ai pas laissé assez de place.
J’ai trop parlé de Mat.
J’ai trop été complexée par mon corps, j’ai trop cherché à être rassurée (alors que non) (mais bon).
S’il veut me revoir c’est pas pure pitié.
S’il veut me revoir c’est parce qu’il a trouvé personne d’autre que moi. Personne de mieux. Mais t’inquiète pas, ça va venir !
Et puis de toute manière t’as fait pareil que d’habitude. Et d’habitude, tu les revois pas souvent, ces mecs-là.

Bref. Tu vois le genre du cinéma intérieur ?
Ca me fatigue. Ca me donne envie de retourner dans ma carapace, seule devant Netflix, à me dire que de toute manière, je suis pas faite pour rencontrer quelqu’un, pour que quelqu’un s’intéresse à moi.
C’est ouf, non ?
J’aimerais régler ça. Parce qu’au lieu de juste profiter, je suis là en train de me morfondre, pour rien, en plus. Il est là, il est présent, il est cool, et moi je m’accroche sur des points de détail qui ne sont que le fruit de mon interprétation.

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2019-02-11T09:44:01+01:00
http://lili.journalintime.com/Me-poser-enfin Me poser, enfin. Hier, Vivi m'a demandé si j'avais des billets pas chers, depuis chez moi, jusqu'à Londres. Effectivement, j'en ai. Chouette, me dit-elle, on peut s'y retrouver en avril ou en mai ? Oui, on peut. Groupe d'amis sur Whatsapp, fait à Noël dans le désert, qui organise un repas à B*, capitale voisine où j'ai vécu au début de ce journal, et où j'aime retourner. J'ai aussi des vols pas chers depuis chez moi. Je pourrais y aller, j'ai envie de les revoir, en plus. Oui, je pourrais. Au boulot, je fais des factures pour des clients dans les Alpes, là où je suis allée il y a deux semaines, Hier, Vivi m’a demandé si j’avais des billets pas chers, depuis chez moi, jusqu’à Londres. Effectivement, j’en ai. Chouette, me dit-elle, on peut s’y retrouver en avril ou en mai ?
Oui, on peut.
Groupe d’amis sur Whatsapp, fait à Noël dans le désert, qui organise un repas à B*, capitale voisine où j’ai vécu au début de ce journal, et où j’aime retourner. J’ai aussi des vols pas chers depuis chez moi. Je pourrais y aller, j’ai envie de les revoir, en plus.
Oui, je pourrais.
Au boulot, je fais des factures pour des clients dans les Alpes, là où je suis allée il y a deux semaines, et juste de voir le nom de ces ville me donne envie d’y retourner. Antoine, ce weekend, me parle d’un weekend ski qu’on pourrait organiser, aussi, chez lui, à G*.
La vérité, c’est qu’en fait, je n’ai pas envie.
Là, je pars fin février avec ma petite fille, dans le pays voisin au mien, pour fêter ses 5 ans pendant un weekend rien que toutes les deux.
Puis je pars en Californie, seule, fin mars, deux semaines.
Puis fin avril, je vais rejoindre, pour Pâques, mes amis de fac, à 400 kms de chez moi.
Début juin, ce sont mes amis de toujours qui viennent ici pour un weekend.
Fin juin, un weekend dans une capitale européenne avec Marie et Océane, mes amies de toujours.
Début juillet, mes copines de Paris viennent aussi en weekend, pour le festival.
Mi-août, j’emmène mes petits chats en vacances dans mes montagnes chéries qui m’ont vue grandir.
Et voilà.
Ça peut paraître beaucoup, j’en ai conscience. Pour moi, c’est "peu", comparé à mon rythme habituel.
Mais en fait c’est assez, parce que pour une fois, j’ai surtout envie de profiter de la belle région dans laquelle je suis installée. Marre de courir partout. Envie de me ressourcer, vraiment, ici.
Ça fait du bien de se dire ça.
(Me connaissant, je ne serai pas étonnée de prévoir 10 000 autres choses d’ici à ce que je vienne réécrire ici. Mais bon.)

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2019-01-30T16:13:00+01:00
http://lili.journalintime.com/La-douceur La douceur Et donc je suis là, dans ma nouvelle maison, sur une de mes chaises jaunes que j'adore. Sur ce plan de travail que j'ai fait faire sur mesure. A ma gauche, ce salon, avec les pierres apparentes, le lecteur CD qui diffuse une musique tout droit issue d'un CD que j'ai retrouvé : "Joyeux anniversaire, 16 ans déjà !!" fait par des copains de lycée. A chaque chanson qui commence, je rigole. Et je ne veux pas compter le nombre d'années qui me séparent d'aujourd'hui. Ce lecteur CD, L* l'a découvert la semaine dernière et s'est instauré DJ. Sa chanson préférée (je ne savais même pas que Et donc je suis là, dans ma nouvelle maison, sur une de mes chaises jaunes que j’adore. Sur ce plan de travail que j’ai fait faire sur mesure.
A ma gauche, ce salon, avec les pierres apparentes, le lecteur CD qui diffuse une musique tout droit issue d’un CD que j’ai retrouvé : "Joyeux anniversaire, 16 ans déjà !!" fait par des copains de lycée. A chaque chanson qui commence, je rigole. Et je ne veux pas compter le nombre d’années qui me séparent d’aujourd’hui.
Ce lecteur CD, L* l’a découvert la semaine dernière et s’est instauré DJ. Sa chanson préférée (je ne savais même pas que je l’avais) : le lundi au soleil. Je pense qu’on a dû l’écouter au moins trente fois en deux jours. Comble de la surexcitation lundi matin : on ETAIT VRAIMENT lundi. Ils la connaissent par cœur. Doux souvenir que de voir mes deux têtes blondes, au petit déjeuner, danser et chanter sur cette chanson intemporelle mais tellement kitsch.
Devant moi, ce tableau que j’adore, peint par mon parrain chéri, disparu de la circulation il ya quelques années. J’aime ses couleurs, j’aime sa vivacité. Je pense que ce tableau, c’est moi.
Et à droite, ma jolie cuisine, toute noire, kitsch aussi, si tu veux, mais que veux-tu, je l’aime.
Tiens, j’entends Antoine se lever. Il a dormi dans la chambre de L*, je ne sais pas à quelle heure il est rentré.
Hier on est partis faire une rando. Le genre de truc que j’aime. Il y avait Cynthia, Antoine, qui à la base ne se connaissaient que via moi et Charlène ; j’ai ramené Edwige du roller ; et il y avait Paul, un futur moniteur de rando, ami de Cynthia, qui nous a guidés. Hé ben c’était super sympa. On a passé l’aprem à rigoler. Une belle rando, de beaux points de vue, une très bonne ambiance entre nous, pas de vent, et on était en pull au soleil : que du bonheur.
Hier soir j’ai décidé de ne pas sortir. Nouveauté pour moi, mais j’ai vraiment ressenti le besoin d’un temps pour moi, toute seule. Cynthia et Antoine sont allés au resto, je lui ai laissé les clés "au cas où". Bon. Il a pas chopé, quoi.
Et donc là je me réveille, je lis, je bois un thé, je fais un drive pour le retour des petits, et je prends une place pour un concert que j’adore au mois de juillet.
Cet aprem les copines du roller viennent s’entrainer devant chez moi.
Doux dimanche. Doux weekend.

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2019-01-27T09:48:14+01:00
http://lili.journalintime.com/Une-histoire-de-beaute Une histoire de beauté Et puis aussi, ce sentiment assez nouveau d'être une belle femme. D'arrêter de penser que je suis transparente. Dans le désert, conversation avec une fille qui devient une copine, une fille que je trouve belle, forte, dont j'envie l'assurance, où je lui dis que j'ai toujours peur d'être oubliée, d'être transparente, qu'on ne se souvienne pas de moi. A un autre moment, un soir, on se prend dans les bras, et elle me dit "tu sais, t'es tout sauf transparente !" Prendre en compte ce que me disent les gens, mon patron, en premier lieu, que c'est un vrai bonheur de travailler avec moi, que Et puis aussi, ce sentiment assez nouveau d’être une belle femme.
D’arrêter de penser que je suis transparente.
Dans le désert, conversation avec une fille qui devient une copine, une fille que je trouve belle, forte, dont j’envie l’assurance, où je lui dis que j’ai toujours peur d’être oubliée, d’être transparente, qu’on ne se souvienne pas de moi. A un autre moment, un soir, on se prend dans les bras, et elle me dit "tu sais, t’es tout sauf transparente !"
Prendre en compte ce que me disent les gens, mon patron, en premier lieu, que c’est un vrai bonheur de travailler avec moi, que je suis toujours souriante, de bonne humeur, mes collègues qui me disent que je renvoie l’image d’une femme indépendante, libre.
Et puis hier, déjeuner avec un ami de Clara. Ils ne se parlent plus trop, moi je suis en contact avec lui, épisodiquement, il me propose un déjeuner, il vient de se séparer de sa copine, j’accepte. Ambiance sympa, on parle de sa séparation, de nos vies, rien de plus. (J’ai quand même remarqué que je parlais beaucoup avec mes mains parce qu’il les fixait. C’est marrant, certaines personnes focalisent dessus. Et du coup moi aussi. Bref.)
Hier soir, soirée chez Clara, qui me dit clairement qu’elle, elle est plus en contact avec lui parce qu’étant casée, elle ne l’intéresse plus, mais qu’elle sait que je lui plais depuis longtemps, qu’il demande souvent de mes nouvelles, et que clairement, il va essayer quelque chose avec moi.
J’étais très surprise. Je le suis toujours. En mode "mais nooon c’est pas possible". Elle : "si si, tu lui plais, je voulais pas t’en parler, mais il me l’a clairement dit".
Surprise parce que je ne le voyais plus comme ça (il m’a plu au début), surprise parce que bon, la petite voix dit "nan mais meuf tu t’es pris pour qui ?"
Et puis en fait mon ego est quand même content.
Oui, je suis belle, oui je plais. C’est quand même très cool de ressentir ça.
Voilà, c’est tout.

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2019-01-23T11:08:44+01:00
http://lili.journalintime.com/Tout-va-bien-en-fait Tout va bien, en fait J'aurais tellement de choses à écrire, à dire, à crier. En ce moment ça va plutôt bien. Plutôt très bien même. Cette vie est belle, tellement belle, et a tellement à m'offrir. En fait j'aurais tellement de choses à dire que je ne sais même pas par où commencer. Non, vraiment. J'écris des lignes, et puis je supprime. De quoi je peux te parler ? De mes voyages ? Le désert à Noël, la montagne il y a deux semaines, et la Californie fin mars, que je m'offre pour mes 5 ans de rémission ? De mes tatouages, et du nouveau qui va fleurir sur ma hanche gauche cet après-midi ? J’aurais tellement de choses à écrire, à dire, à crier.
En ce moment ça va plutôt bien. Plutôt très bien même. Cette vie est belle, tellement belle, et a tellement à m’offrir.
En fait j’aurais tellement de choses à dire que je ne sais même pas par où commencer.
Non, vraiment. J’écris des lignes, et puis je supprime. De quoi je peux te parler ?
De mes voyages ? Le désert à Noël, la montagne il y a deux semaines, et la Californie fin mars, que je m’offre pour mes 5 ans de rémission ?
De mes tatouages, et du nouveau qui va fleurir sur ma hanche gauche cet après-midi ? (premier tatouage qui ne couvre pas une cicatrice, je suis tellement heureuse)
De mes enfants, beaux, si beaux (ouais je me répète mais quand même !), si drôles, si vivants aussi, que je bénis chaque jour d’exister ?
De ma reprise du sport, après deux mois de cheville en carton, qui me transporte, chose que j’aurais pensé inimaginable il y a quelques années ?
Et donc du patin, que j’ai repris avant-hier soir, en retrouvant ces sensations de glisse, ces rires, cette cohésion ?
De cette année qui se profile à la fois pleine de voyages, de retrouvailles entre copains, mais aussi de moments rien que pour moi, qui me remplissent, et ça, c’est jouissif, parce que c’est récent, cette volonté de faire les choses seule ?
De ma maison, ma petite maison dans laquelle je me sens si bien, si tu savais...
Bref, je pourrais parler de plein de choses. Mais vraiment. Je préfère poser ces quelques lignes-là, me dire que je suis heureuse, limite me mettre en titre "à relire quand ça va pas", pour bien me souvenir de tout ce que j’ai.

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2019-01-23T10:13:51+01:00
http://lili.journalintime.com/L-avoir-contre-moi L'avoir contre moi J'avais écrit des trucs sur mon voyage dans le désert, beau, si beau, tellement de magie, mon cœur se serre encore, rien que d'y penser. J'essaie de garder tout ça précieusement dans un coin de ma tête. Et de le ressortir quand j'en ai besoin. La vérité c'est que je clame que je suis bien toute seule, que je n'ai jamais été aussi bien. C'est vrai, dans un sens. Dans un autre, j'ai eu J* dans mon lit dans la nuit de vendredi à samedi, et j'ai apprécié une présence masculine près de moi. J'étais en weekend de l'autre côté de la France, dans mes Alpes, dans mes montagnes, si J’avais écrit des trucs sur mon voyage dans le désert, beau, si beau, tellement de magie, mon cœur se serre encore, rien que d’y penser. J’essaie de garder tout ça précieusement dans un coin de ma tête. Et de le ressortir quand j’en ai besoin.
La vérité c’est que je clame que je suis bien toute seule, que je n’ai jamais été aussi bien. C’est vrai, dans un sens.
Dans un autre, j’ai eu J* dans mon lit dans la nuit de vendredi à samedi, et j’ai apprécié une présence masculine près de moi. J’étais en weekend de l’autre côté de la France, dans mes Alpes, dans mes montagnes, si belles qu’elles m’ont serré le cœur quand je les ai vues, et que je me suis rendu compte qu’elles me manquaient terriblement.
Ca m’a vraiment frappée. Je ne pensais pas être en demande comme ça. Je m’étais faite à l’idée qu’il ne viendrait pas dans mon lit, comme d’hab.
Et puis à 6 heures du matin il est rentré, il s’est glissé dans le canapé-lit près de moi, je faisais semblant de dormir, et j’ai souri. Juste l’avoir là, derrière moi, j’étais heureuse.
Ses mains qui me cherchent un peu, puis il s’endort, repose une main sur mon dos, mes fesses, ses pieds contre les miens.
Sa main qui passe sous mon t shirt, caresse mon ventre, mes seins, puis s’éloigne, il se rendort.
Je crois que c’est cette caresse, sa main chaude sur mon ventre tout aussi chaud, sous les couvertures, dans le silence, qui m’a fait me rendre compte que c’était quand même bien cool, une présence masculine dans son lit.
Et puis à un moment, vers 7 heures, je me mets sur le ventre, je tourne la tête vers lui, il tourne la tête vers moi et m’attire tout contre lui.
J’ai aimé ces petits moments. Ce qui a suivi était beaucoup moins tendre, beaucoup plus sauvage, mais c’était assuré, confiant, je me suis laissée guider. Ce silence, toujours, parce que dans les chambres voisines, il y a G*, son mari, son bébé, et qu’ils risquent de se lever à tout moment. Cette fatigue, aussi, due au manque de sommeil, à l’alcool dans ses veines, qui fait qu’on arrête assez vite, qu’il dit qu’on devrait dormir, que je lui dis "oui, surtout toi… il s’est rien passé, hein", et qu’il répond "je me souviens même plus de ton prénom".
J*, c’est le témoin rencontré à un mariage il y a bientôt 2 ans, mon plan cul virtuel, devenu un peu réel, mais pas trop, celui que je ne pensais pas revoir après ce qu’il s’est passé l’an dernier à T*, celui avec qui finalement j’aurais passé une bonne soirée, entourée de plein d’autres gens, où j’étais relax et j’ai apprécié la compagnie de tout le monde, et avec qui j’ai passé, de manière complètement inattendue, la matinée à garder le bébé, pendant que G* faisait les courses et que son mari dormait encore (assommé par l’alcool lui aussi). Matinée très douce, tournée autour de l’enfant, à discuter de tout et de rien, ensemble, comme deux vieux potes, et j’ai apprécié.
J’aurais aimé avoir plus de temps, dans une chambre fermée, avec lui, avoir toute une journée nue, rien qu’avec lui, pour assouvir tout ce qu’on s’est écrit.
C’était finalement assez inattendu, et surtout, en fait, très simple. Très fluide. Je ne sais pas comment expliquer.
J’ai eu un coup de redescente quand G* m’a appris qu’il couchait toujours autant avec plein de filles. Je suis complètement sortie du weekend, avec cette impression que finalement je n’étais pas si unique que ça. Heureusement que j’ai Clara, toujours prête à m’aider et me rassurer dans ces situations-là. Tellement chanceuse de l’avoir !
Et donc nous voilà repartis pour une nouvelle semaine. Je récupère mes petits ce soir. Grand écart un jour, grand écart toujours.

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2019-01-14T09:38:17+01:00
http://lili.journalintime.com/3nwj-Schizo Schizo Comme d'hab, je me relis, je lis jaune. Je ne sais pas comment ma vie peut être autant une succession d'ascenseurs émotionnels. Après la douceur, qui a duré quelques jours, là, je me sens juste vide. Vide, vidée, je crois que cette maison m'a pris beaucoup d'énergie et que j'ai finalement besoin d'un peu de temps pour assimiler tout ça. Fêter ma crémaillère, entourée de mes amis, si bienveillants, et me sentir vide. Me sentir seule. Prévoir de partir en vacances à la fin de la semaine, et me dire qu'heureusement que je me barre. Me sentir de nouveau piégée ici, dans cette Comme d’hab, je me relis, je lis jaune.
Je ne sais pas comment ma vie peut être autant une succession d’ascenseurs émotionnels.
Après la douceur, qui a duré quelques jours, là, je me sens juste vide. Vide, vidée, je crois que cette maison m’a pris beaucoup d’énergie et que j’ai finalement besoin d’un peu de temps pour assimiler tout ça.
Fêter ma crémaillère, entourée de mes amis, si bienveillants, et me sentir vide. Me sentir seule.
Prévoir de partir en vacances à la fin de la semaine, et me dire qu’heureusement que je me barre.
Me sentir de nouveau piégée ici, dans cette maison, dans cette vie.
Je pensais que ce sentiment s’était estompé de lui-même. Que j’avais choisi de vivre ici, d’être bien.
Il revient, plus puissant que jamais.
J’étouffe ici, je ne sais pas ce que je fais ici, quelque chose en moi hurle et me dit de me barrer, vite, loin. Et puis toujours, mes bébés.
Trop fatiguée pour m’occuper d’eux comme je le souhaiterais, pas intéressée par leurs jérémiades et cris, j’ai l’impression de pas être cool du tout avec eux. D’être mère par obligation. Puis aller les voir quand ils dorment, et les trouver beaux, si beaux.
Bref. En fait j’ai l’impression de repartir au point zéro. De quand je suis partie de chez Mat.
Ne pas me reconnaître dans cette vie, ne pas avoir envie de l’investir plus.
Ne pas savoir ce que je veux.
Je suis complètement perdue.
Je suis à fleur de peau.
C’est pas simple, je suis pas simple, et j’ai l’impression d’être complètement schizo.

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2018-12-19T14:20:03+01:00
http://lili.journalintime.com/Le-chemin Le chemin Et puis tu sais, après les tempêtes, le tourbillon du mois de novembre, d'un coup tout se calme, et là tu redécouvres le calme. Et la douceur. Je te jure, la vie peut être si douce, des fois, ça m'en met les larmes aux yeux. Ce déménagement le weekend dernier, qui s'est déroulé à merveille, entourée de gens bienveillants et surtout très très efficaces, ce qui fait que samedi soir déjà la plupart des cartons étaient déballés. Tout s'est coordonné parfaitement bien. Cette maison, où après le stress intense du mois de novembre, des problèmes de raccordement au réseau Et puis tu sais, après les tempêtes, le tourbillon du mois de novembre, d’un coup tout se calme, et là tu redécouvres le calme. Et la douceur.
Je te jure, la vie peut être si douce, des fois, ça m’en met les larmes aux yeux.
Ce déménagement le weekend dernier, qui s’est déroulé à merveille, entourée de gens bienveillants et surtout très très efficaces, ce qui fait que samedi soir déjà la plupart des cartons étaient déballés. Tout s’est coordonné parfaitement bien.
Cette maison, où après le stress intense du mois de novembre, des problèmes de raccordement au réseau d’assainissement, aux délais à tenir, cette maison qui est mais PARFAITE, qui me correspond tellement, et dans laquelle je suis tellement heureuse et fière de vivre. Je regarde partout autour de moi, je suis émue de la qualité des travaux, de la beauté des choses, je m’y sens juste bien.
La vente de la maison de ma maman, fluide, avec des acheteurs sympa, qui aiment cette maison même plus que moi. Et qui veulent y construire leur vie de famille. Etre chez le notaire (B* !), tenir leur bébé de 4 mois dans les bras pendant qu’ils signent, lui faire des bisous sur le front et lui chuchoter qu’il sera bien, à faire ses premiers pas dans cette maison, et à dormir dans la chambre de ma petite A*. Et les sous qui arrivent aujourd’hui sur mon compte, me permettant de prendre un nouvel appel d’air, et de concrétiser un peu tout ce que je voulais.
Baisser les mensualités du crédit, partir en voyage à Noël, me faire un nouveau tatouage, racheter le bout de terrain devant chez moi pour en faire ma petite terrasse.
J’y suis arrivée, putain. Je l’ai fait. Je crois que je n’ai jamais été aussi fière de moi et aussi fière du chemin parcouru.
Et au boulot, aujourd’hui : OK Lili, tu voulais faire plus d’heures, c’est bon pour nous.
Voilà. 2019 va être une putain d’année.

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2018-12-06T16:43:47+01:00
http://lili.journalintime.com/Unique Unique J'ai toujours cru, je crois, qu'elle resterait encore parmi nous des années, qu'elle était increvable, qu'elle serait centenaire et en pleine forme, entourée de ses enfants, petits-enfants, et arrière-petits-enfants, comme elle l'a toujours fait depuis que je la connais. Ce n'était pas une femme facile. J'ai souvent eu du mal avec sa façon de voir les choses, de cacher la vérité, de dire une chose par devant pour arrondir les angles et d'en dire trois autres par derrière, sans jamais reconnaître qu'elle mentait. J'ai souvent eu du mal avec, de l'autre côté, sa façon abrupte de me J’ai toujours cru, je crois, qu’elle resterait encore parmi nous des années, qu’elle était increvable, qu’elle serait centenaire et en pleine forme, entourée de ses enfants, petits-enfants, et arrière-petits-enfants, comme elle l’a toujours fait depuis que je la connais.
Ce n’était pas une femme facile. J’ai souvent eu du mal avec sa façon de voir les choses, de cacher la vérité, de dire une chose par devant pour arrondir les angles et d’en dire trois autres par derrière, sans jamais reconnaître qu’elle mentait. J’ai souvent eu du mal avec, de l’autre côté, sa façon abrupte de me faire comprendre que je ne ferai jamais partie de sa famille, que j’étais trop différente.
Force est de constater malgré tout que cette femme régnait sur sa famille et sur sa vie d’une main de maître, et faisait tout pour entretenir son équilibre qui lui allait si bien.
Sa grande maison, meublée de façon baroque, remplie, tellement remplie, d’objets plus loufoques les uns que les autres, qu’elle achetait compulsivement en salle des ventes ou au marché à côté de chez elle.
Sa famille, toutes ces femmes à qui elle a appris à régner aussi, qui l’entouraient, veillaient sur elle, la houspillaient, mais sur lesquelles elle avait une influence jamais remise en question et avec qui, finalement, elle faisait bien ce qu’elle voulait.
Son côté petite fille qui se voulait princesse, avec des services à thé dorés, ses perruques sorties du début du vingtième siècle, son histoire de fillette adoptée qu’elle voulait rocambolesque.
Ce matin elle a fait une rupture d’anévrisme. Ses minutes sont comptées.
Sa famille s’est resserrée tout de suite autour d’elle. Ils attendent.
Et moi je suis là, devant mon ordi, en train d’imaginer leur peine, leur douleur, celle surtout de Mat, qui est en train de perdre sa grand-mère, une des femmes les plus importantes de sa vie, et de me dire que mes enfants vont devoir comprendre qu’elle n’était pas éternelle, alors que vraiment, plus personne ne se posait la question de sa mortalité.
Au revoir, Claudie. Cela n’a pas toujours été facile et tendre entre nous, mais ces dernières années, l’amour que nous portions à mes enfants enveloppaient nos rapports de tendresse et de respect mutuel.
Vous avez toujours été là à votre manière pour votre famille mais aussi pour la mienne, que ce soit en m’apportant du champagne dans un seau à glaçons rempli à la maternité, en gardant mes enfants de temps en temps et en les adorant tellement, tellement, ça je le sais, et je crois que c’est ça qui est le plus douloureux à l’heure actuelle, en protégeant votre petit-fils du mieux que vous pouviez et aussi en étant présente pour ma maman.
Nous perdons quelqu’un d’unique aujourd’hui. Et je ne l’avais vraiment pas vu venir.

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2018-12-05T14:11:42+01:00
http://lili.journalintime.com/Ce-n-etait-pas-lui Ce n'était pas lui L'autre jour, je marchais dans la rue de mon petit village, j'allais vers ma nouvelle maison, j'avais un peu la tête ailleurs, et j'ai vu un monsieur passer. Il avait un blouson en cuir noir, il a enlevé son casque juste avant de me croiser. Je l'ai regardé, j'ai été frappée par sa ressemblance avec mon beau-père. J'ai cru l'espace d'un instant que c'était lui, mon cœur a manqué un battement. Je l'ai fixé, j'aurais voulu le toucher, le sentir, me dire que tout cela, finalement, n'était qu'un rêve, et que j'allais pouvoir lui raconter tout ce qu'il se passait en ce moment. Mais ce L’autre jour, je marchais dans la rue de mon petit village, j’allais vers ma nouvelle maison, j’avais un peu la tête ailleurs, et j’ai vu un monsieur passer.
Il avait un blouson en cuir noir, il a enlevé son casque juste avant de me croiser. Je l’ai regardé, j’ai été frappée par sa ressemblance avec mon beau-père. J’ai cru l’espace d’un instant que c’était lui, mon cœur a manqué un battement. Je l’ai fixé, j’aurais voulu le toucher, le sentir, me dire que tout cela, finalement, n’était qu’un rêve, et que j’allais pouvoir lui raconter tout ce qu’il se passait en ce moment.
Mais ce n’était évidemment pas lui, mon esprit m’a raisonné assez vite, et cette pensée a été douloureuse. Ca ne peut pas être lui, Lili, il est mort il y a maintenant cinq ans (bordel c’est passé vite).
C’est fou, je n’avais jamais pensé ça, et là, en le voyant, je me suis rendu compte à quel point il me manquait toujours.
Du coup, une pensée en amenant une autre...
Je ne sais pas si j’ai fait le deuil de ma mère.
En relisant certains écrits, je me rends compte que la colère est partie. Il reste une incompréhension et surtout un énorme regret de ne pas l’avoir mieux comprise, appréhendée, connu sa vision des choses, de la vie, de la place de la femme dans un couple et dans une famille. C’est la pièce du puzzle qui me manque, actuellement, pour comprendre mes frères, mon père, mon histoire personnelle.
Bordel, ils me manquent. Tous les deux. La voix de ma mère me manque. Je regrette d’avoir effacé ses messages sur mon répondeur. Je rêve de l’entendre me dire que mon petit L* a bien fait sa sieste et me demander à quelle heure je viens manger avec elle.
Ils m’offraient un cocon sécurisé dans lequel je pouvais toujours aller me reposer et m’occuper de rien.
Là j’ai l’impression d’avoir été propulsée hors du nid, et de devoir apprendre à voler. Alors je volète, hein, je m’en sors bien, mais il était confortable, ce nid.
Bref, c’est dimanche soir, il pleut, j’ai froid, quoi de mieux que d’appuyer sur des boutons ultra simples pour accentuer sa déprime ?

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2018-11-18T19:11:52+01:00
http://lili.journalintime.com/Fatiguee Fatiguée Ca va aller, dis ? J'ai eu raison d'acheter cette maison ? Les jours passent, lentement, et pourtant très vite. Lentement parce que le chantier n'avance pas, du moins c'est l'impression que j'ai. Ca va doucement, et on déterre de nouveaux problèmes. Vite, parce qu'on est déjà quasiment au 20 novembre, dans deux petites semaines, je dois y être, et bordel, j'ai peur, rien ne se passe comme prévu. Jeudi soir, quand Pat m'a dit qu'il s'était rendu compte qu'une partie de la maison n'était en fait pas reliée au tout-à-l'égout, j'ai paniqué. J'ai appelé Mat en pleurant, il a cru que Ca va aller, dis ?
J’ai eu raison d’acheter cette maison ?
Les jours passent, lentement, et pourtant très vite.
Lentement parce que le chantier n’avance pas, du moins c’est l’impression que j’ai. Ca va doucement, et on déterre de nouveaux problèmes. Vite, parce qu’on est déjà quasiment au 20 novembre, dans deux petites semaines, je dois y être, et bordel, j’ai peur, rien ne se passe comme prévu.
Jeudi soir, quand Pat m’a dit qu’il s’était rendu compte qu’une partie de la maison n’était en fait pas reliée au tout-à-l’égout, j’ai paniqué. J’ai appelé Mat en pleurant, il a cru que j’étais retombée malade, j’ai dit que ce n’était "que" ça, en me rendant bien compte que comparé à ce que je me suis déjà pris dans la figure il y a quelques années, ce n’est rien, "c’est que du technique, ça, ya des solutions".
Vendredi, j’ai eu l’impression de remaîtriser le truc, grâce à lui, qui fait venir un ami plombier, avec qui je trouve une solution satisfaisante (fierté de la meuf) qui peut se faire avant l’échéance du déménagement (sans pétage de dalle, tout ça). Pat fait la gueule que j’ai décidé ça sans le consulter, sans prendre son ami à lui, plombier, qui a découvert le pot aux roses. Pat décidé d’investiguer, se rend compte que l’eau s’écoule purement et simplement sous la maison, en infiltration. "Tu peux porter plainte, vois avec ton notaire".
Depuis, il pleut des trombes d’eau, je suis dans mon "ancienne" maison, au sec, et je pense à la fuite d’eau dans le toit, non solutionnée, et à cette infiltration. J’imagine des murs poreux, moisis, je vois cette maison comme une adversaire, je suis fatiguée de tous ces problèmes qui émergent, je m’en veux de m’en vouloir. Je suis fatiguée de trier, de faire des allers-retours à Emmaus, j’ai l’impression que même ces cartons, ça n’avance pas. Cette maison se vide mais bordel, elle est toujours aussi remplie. On est dimanche soir, j’aurais encore un million de choses à faire, j’ai passé ma journée à bosser - après trois mois à me plaindre de pas avoir de taf, là, j’en ai trop.
J’ai envie de lâcher prise, d’avoir confiance en la vie qui finalement ne me déçoit jamais et me porte toujours un peu plus haut.
J’ai envie d’être forte, souriante, confiante, heureuse, mais là, je suis juste fatiguée.

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2018-11-18T18:56:31+01:00
http://lili.journalintime.com/L-echeance L'échéance Je relis mon dernier écrit et je ris jaune. Je suis au cœur de l'ouragan. Là où ça tempête, où ça brasse, où je tente de m'accrocher à ce que je connais, mais tout bouge autour de moi et je ne sais plus à quoi me raccrocher. Je serre les dents, je fais ce que je peux, je me diversifie, je me multiplie, je suis sur tous les fronts, des fois je pleure parce que j'ai l'impression que je n'y arriverai jamais, mais je continue, je brasse sûrement beaucoup d'air et je gaspille pas mal d'énergie, je dors peu et me réveille à 5 heures du matin pour cogiter à touuut ce que je dois Je relis mon dernier écrit et je ris jaune. Je suis au cœur de l’ouragan. Là où ça tempête, où ça brasse, où je tente de m’accrocher à ce que je connais, mais tout bouge autour de moi et je ne sais plus à quoi me raccrocher.
Je serre les dents, je fais ce que je peux, je me diversifie, je me multiplie, je suis sur tous les fronts, des fois je pleure parce que j’ai l’impression que je n’y arriverai jamais, mais je continue, je brasse sûrement beaucoup d’air et je gaspille pas mal d’énergie, je dors peu et me réveille à 5 heures du matin pour cogiter à touuut ce que je dois faire, je n’arrive plus à méditer, mes vieux démons d’apéro clope me reprennent, je n’attends qu’une chose, le 1er décembre, pour souffler, enfin, ou pas. Des fois je pleure en me disant que je ne sais pas si j’ai fait le bon choix, si mes enfants seront heureux là-bas, si ce n’est pas une chimère, tout ça.
Bref, je doute, je doute, je me sens seule, tellement seule, même en étant autant entourée.
Vivement le 1er décembre.

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2018-11-14T22:38:14+01:00
http://lili.journalintime.com/Le-tourbillon-serein Le tourbillon serein Il se passe tellement de choses dans ma vie en ce moment. Je radote, je sais. Mais pfiou. Et pourtant, non, pas pfiou. Pour une fois, je suis là, j'observe ces mutations, ces changements, et j'ai juste confiance. Je sais qu'il se passera les meilleures choses pour moi. La maison... les travaux se rallongent, on découvre qu'elle n'est pas parfaite, et que les travaux avant nous ont évidemment été faits n'importe comment. Mais Pat fait les travaux, et après des discussions houleuses qui m'ont valu des nuits blanches, et des engueulades à Leroy Merlin, il est serein, et je suis sereine. Il se passe tellement de choses dans ma vie en ce moment. Je radote, je sais. Mais pfiou. Et pourtant, non, pas pfiou. Pour une fois, je suis là, j’observe ces mutations, ces changements, et j’ai juste confiance. Je sais qu’il se passera les meilleures choses pour moi.
La maison… les travaux se rallongent, on découvre qu’elle n’est pas parfaite, et que les travaux avant nous ont évidemment été faits n’importe comment. Mais Pat fait les travaux, et après des discussions houleuses qui m’ont valu des nuits blanches, et des engueulades à Leroy Merlin, il est serein, et je suis sereine. Et j’aime ses propositions, et voir la maison se transformer petit à petit.
L’ancienne maison… une montagne m’attend, je dois vider mes placards, trier, donner, jeter. Mais en fait, j’ai déjà commencé, et ça me fait un bien fou. Je garde ce que JE veux, ce qui me fait plaisir, et je n’ai aucune obligation de garder des choses parce que je "dois" les garder, pour faire plaisir, pour garder un souvenir,... et ça, ça me fait un bien fou. Je crois que c’est la première fois de ma vie que je m’autorise à me faire plaisir à moi.
Le travail… j’ai stressé pendant des mois, et puis j’ai lâché prise, et depuis, j’ai des demandes de boulot dans mon boulot freelance. C’est pas tout rose, c’est prenant, là je finis à peine ma journée de boulot (après avoir passé la journée à mon autre job salarié, évidemment). Mais ce qui est nouveau c’est que je prends confiance en moi et je me dis que si les éditeurs reviennent vers moi, c’est que je fais du bon boulot. Et puis pour le boulot salarié, pareil : j’aime ce que j’y fais. Je vais bosser avec plaisir le matin, j’aime retrouver mes collègues et gérer mon petit monde de classeurs, de factures, de formations,...
Les enfants… ils grandissent, ils grandissent. En ce moment j’ai l’impression de ne pas être dispo pour eux. De ne pas avoir la patience. Mais force est de constater que les moments que l’on passe ensemble sont doux et pleins de joie. Samedi après-midi, piscine avec mon grand L*. Le voir sauter du grand plongeoir, faire le toboggan en riant comme une baleine, tout seul… 6 ans, bordel. Mon bébé aux yeux bleus. 6 ans. Je l’aime tellement. Dimanche après-midi, atelier dans une ferme à côté de la maison. Se retrouver dans la nature, à se balader en tenant les rênes d’un poney et en regardant les couleurs d’automne se décliner au soleil… tellement bon. Et mes bébés, juchés sur les poneys devant moi, qui bavardent avec l’instructrice. Vraiment, c’est moi qui ai fait ces deux petits blonds ? Qu’est-ce que j’ai bien fait. Même si je m’énerve, même si on se crie dessus… mon Dieu que je suis heureuse de les avoir dans ma vie.
Sur ce, Pat arrive à la maison. Je finirai plus tard.

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2018-11-12T20:37:37+01:00
http://lili.journalintime.com/Pousser-la-porte Pousser la porte J'ai commencé ce nouveau sport à la rentrée. J'étais allée voir un cours en janvier, avais participé à un entraînement, accroché à l'esprit ultra bienveillant du club. Et puis ma vie ultra chargée m'a rattrapée, et puis cette petite voix qui me disait "t'es sérieuse ? tu crois vraiment que t'en es capable ? mais laisse-moi rire, t'es qu'une chochotte, meuf !" A la rentrée, j'ai hésité, je me suis dit oui, puis non, puis oui, puis nooon ça vaaa soyons réalistes. Et puis le jour de la rentrée je suis quand même allée voir, par curiosité. Je me suis sentie bien, assise J’ai commencé ce nouveau sport à la rentrée. J’étais allée voir un cours en janvier, avais participé à un entraînement, accroché à l’esprit ultra bienveillant du club. Et puis ma vie ultra chargée m’a rattrapée, et puis cette petite voix qui me disait "t’es sérieuse ? tu crois vraiment que t’en es capable ? mais laisse-moi rire, t’es qu’une chochotte, meuf !"
A la rentrée, j’ai hésité, je me suis dit oui, puis non, puis oui, puis nooon ça vaaa soyons réalistes.
Et puis le jour de la rentrée je suis quand même allée voir, par curiosité.
Je me suis sentie bien, assise dans ce gymnase, entourée de ces nanas toutes plus douées les unes que les autres et pourtant toutes tellement gentilles. Alors j’ai sauté le pas et donné mon chèque d’adhésion.
Les premiers pas ont été trébuchants, je suis évidemment tombée, juchée sur ces patins. Quand on ne me disait pas que je progressais, quand je me comparais aux autres, je me trouvais juste tellement nulle et j’avais envie de partir en courant.
Et puis quelque chose a changé en moi. J’ai compris mon fonctionnement (être la meilleure, briller, ou sinon partir, ne pas le faire), et j’ai décidé que cette fois-ci, on s’en foutait que je sois nulle, le tout c’était d’essayer. Et de m’amuser.
Déjà mardi à l’entraînement j’ai ressenti une liberté assez sympa, comme celle que j’ai quand je fais du ski. Et hier soir, on a travaillé sur le fait de croiser les jambes en patinant : j’ai réussi. Je n’arrivais plus à m’arrêter. Heureuse de savoir le faire, de me voir progresser, de sentir que je suis de plus en plus à l’aise.
Alors oui je suis loin de rentrer dans l’équipe. Mais t’as vu tout ce que je sais faire, déjà ? c’est absolument génial.
J’aime me balader avec mon sac rempli d’équipement, mes couettes, mon legging de sport, chausser les patins, les protections, le casque. M’entraîner avec ces nanas, rigoler comme une truffe et pendant l’entraînement, rester ultra concentrée pendant 1 heure et 2 et ne penser strictement à rien d’autre.
Bref. J’ai bien fait de pousser cette porte, il y a deux mois.

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2018-11-02T06:50:06+01:00
http://lili.journalintime.com/Extraordinaire Extraordinaire La semaine dernière, mes frères sont venus, pour prendre ce qui les intéressait dans la maison. Ce que je retiens du weekend c'est la distance que j'ai prise par rapport à eux et à leurs jugements, leur manière de voir les choses. Je retiens aussi le pétage de câble du vendredi soir, quand je leur ai hurlé dessus pendant vingt minutes, hors de moi, pour une broutille, mais une broutille qui a fait ressortir 30 ans de colère et de non-dits. Je retiens le soulagement de les voir partir et la liberté ressentie, me faisant penser que ça y est, je vais enfin pouvoir vivre ma vie comme La semaine dernière, mes frères sont venus, pour prendre ce qui les intéressait dans la maison.
Ce que je retiens du weekend c’est la distance que j’ai prise par rapport à eux et à leurs jugements, leur manière de voir les choses.
Je retiens aussi le pétage de câble du vendredi soir, quand je leur ai hurlé dessus pendant vingt minutes, hors de moi, pour une broutille, mais une broutille qui a fait ressortir 30 ans de colère et de non-dits.
Je retiens le soulagement de les voir partir et la liberté ressentie, me faisant penser que ça y est, je vais enfin pouvoir vivre ma vie comme moi je l’entends.
Et surtout, ce que je vois suite à ce weekend où j’ai perdu beaucoup d’illusions, c’est à quel point je suis entourée. Mes amis forment un cercle autour de moi, tellement soudé, tellement bienveillant. J’en ai limite les larmes aux yeux, tu sais. Là où j’ai toujours cru que j’étais une enfant égoïste, capricieuse, qui n’en fait qu’à sa tête, mes amis me montrent que je suis une femme courageuse, souriante, positive, tellement pleine d’énergie, intéressante. Et pour une fois j’ai décidé de les croire eux, et non pas mes frères et leurs croyances limitantes. Je les aime tellement, je suis tellement heureuse de les avoir dans ma vie. Et je me dis que pour qu’ils soient aussi extraordinaires, c’est que quelque part, je le suis aussi. Et je l’accepte, avec joie.

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2018-11-01T11:17:51+01:00
http://lili.journalintime.com/3ncv-Merci Merci Et puis bon, sinon, on peut le dire : la vie est sacrément belle. Je me regarde dans le miroir, et je vois une belle femme. Et je souris de me trouver belle. C'est nouveau pour moi cette sensation-là, tu sais. On sort de 33 ans de "je mérite pas", de "je suis transparente". Alors j'espère que j'en sors vraiment, mais oui, écoute, je le sais, je le sens. Je me trouve belle, je me trouve drôle, je me trouve intelligente. Je n'ai aucun doute sur le fait que la vie m'amène ce que je mérite. J'ai totalement confiance. (Bon, j'écris ça, et ya forcément une petite voix qui ricane, hein. Et puis bon, sinon, on peut le dire : la vie est sacrément belle.
Je me regarde dans le miroir, et je vois une belle femme. Et je souris de me trouver belle. C’est nouveau pour moi cette sensation-là, tu sais. On sort de 33 ans de "je mérite pas", de "je suis transparente". Alors j’espère que j’en sors vraiment, mais oui, écoute, je le sais, je le sens.
Je me trouve belle, je me trouve drôle, je me trouve intelligente. Je n’ai aucun doute sur le fait que la vie m’amène ce que je mérite. J’ai totalement confiance. (Bon, j’écris ça, et ya forcément une petite voix qui ricane, hein. Maiiis j’ai envie d’y croire, écoute).
Je suis tellement heureuse d’avoir acheté cette maison et d’en faire MA maison, malgré le stress, malgré la panique, malgré le découvert sur mon compte en banque, malgré le timing un peu serré. Cette maison, je m’y sens bien, et puis c’est chez moi, pour la première fois de ma vie. Et je choisis la déco que je veux, moi. Ca m’est jamais arrivé. C’est trop trop bon.
Ce boulot, je m’y sens bien, aussi. Ces boulots. Je ne sais pas comment ça va évoluer mais j’ai confiance. Tout s’est toujours déroulé à merveille.
Je me sens bien dans cette ville, dans cette région, je me sens bien entourée de tous ces gens-là et je mesure ma chance de les avoir autour de moi, toujours prêts à me tenir la main quand ça ne va pas. Je ne sais toujours pas trop pourquoi ils restent tous, mais ils m’engueulent quand je dis ça, alors je me dis que je dois être aussi exceptionnelle qu’eux, et se dire ça, c’est aussi trop trop bon.
Je pourrais parler encore et encore de la beauté de mes deux enfants, que je suis tellement heureuse d’avoir dans ma vie. Mais tellement tellement.
Bref, c’est une bonne période. Je sens enfin qu’une grosse page, un chapitre, et peut-être même un livre entier se referme(nt). J’aborde l’année 2019 avec sérénité et douceur.
Merci.

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2018-10-26T14:26:09+02:00
http://lili.journalintime.com/Je-ne-suis Je ne suis Pour lui, je ne suis que cette fille du Sud, croisée dans un mariage il y a un an et demi, dans une jolie robe, bouclée, du rouge à lèvres, des talons. Cette fille qui a fini la nuit avec lui dans ce bungalow, qui a osé des choses, qui s'est enflammée. Je ne suis que cette fille qu'il a revue à deux occasions, occasions loupées, j'en conviens. Je ne suis que cette fille qui sait manier les mots, avec qui il échange, virtuellement, des fantasmes plus ou moins virulents, avec qui il jouit, à distance, derrière son écran de téléphone, et qui me fait jouir, aussi. Il sait que j'ai Pour lui, je ne suis que cette fille du Sud, croisée dans un mariage il y a un an et demi, dans une jolie robe, bouclée, du rouge à lèvres, des talons. Cette fille qui a fini la nuit avec lui dans ce bungalow, qui a osé des choses, qui s’est enflammée.
Je ne suis que cette fille qu’il a revue à deux occasions, occasions loupées, j’en conviens.
Je ne suis que cette fille qui sait manier les mots, avec qui il échange, virtuellement, des fantasmes plus ou moins virulents, avec qui il jouit, à distance, derrière son écran de téléphone, et qui me fait jouir, aussi. Il sait que j’ai des enfants, et c’est un sujet qu’on évite soigneusement d’aborder, l’un comme l’autre, parce qu’ils n’ont pas leur place dans ce type de relation, dans ce pan-là de ma personnalité.
Et pourtant...
Ce matin, j’étais en pyjama, à 7h du matin, à bombarder les cheveux de mes enfants d’huile de coco suite à une nouvelle invasion de poux. Les mains grasses, en train d’essayer de penser à tout (laver les draps, laver les doudous, mettre les brosses au congélateur - et puis aussi préparer le petit dej, les vêtements pour la journée,...), je me suis dit que là, le glamour des photos que l’on s’envoie était bien loin.
Hier, en début d’après-midi, je lui ai envoyé une nouvelle érotique. Il l’a lue le soir à 22h30. S’il savait qu’entre-temps, j’ai passé 5 heures dans une grande enseigne de bricolage, à stresser, à paniquer, à m’engueuler avec Pat, à décider ce que j’allais acheter pour ma maison, pour finir sur les rotules, à 20h30, à devoir encore penser à faire manger les enfants, brosser les dents, lire une histoire, me glisser dans mon lit et oh - voir qu’il a apprécié la nouvelle.
Je ne suis qu’une image, loin, un espèce de fantasme qu’il me plaît d’entretenir, en fait. A-t-il besoin de savoir que je suis une maman avant toute chose, qui doit penser aux goûters, aux devoirs, aux anniversaires des copains, aux menus équilibrés, à me mettre à leur hauteur, ne pas me fâcher, faire respecter les règles ? Non, je ne crois pas. Avec lui je peux être cette femme libérée.
Tout comme pour moi, il est ce businessman, là-bas, dans ce pays frontalier, loin de moi, en costard, impeccable, irréprochable, stoïque, un brin froid. Et tellement beau.
Il est sûrement beaucoup plus que ça. Mais ne me laisse pas le voir. Ou peut-être est-ce moi qui ne veux pas le voir ?

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2018-10-26T14:16:21+02:00