La bulle de Lili

Le cinéma intérieur

Je trouve ce manque de confiance en moi assez ouf, quand même. Je ne comprends pas pourquoi je m’auto-fais souffrir comme ça.
Je rencontre quelqu’un qui me plaît, qui me fait beaucoup rire, qui me fait découvrir des nouvelles choses musicalement parlant, avec qui je peux avoir un échange vraiment ouvert et sincère.
On a passé la soirée et la nuit ensemble samedi, c’était vraiment cool. Et évidemment, depuis hier, les questions arrivent en masse, se bousculent.
J’ai trop parlé samedi soir. Trop dit "mes copains disent que".
J’ai trop gesticulé, j’ai trop rigolé, je lui ai pas laissé assez de place.
J’ai trop parlé de Mat.
J’ai trop été complexée par mon corps, j’ai trop cherché à être rassurée (alors que non) (mais bon).
S’il veut me revoir c’est pas pure pitié.
S’il veut me revoir c’est parce qu’il a trouvé personne d’autre que moi. Personne de mieux. Mais t’inquiète pas, ça va venir !
Et puis de toute manière t’as fait pareil que d’habitude. Et d’habitude, tu les revois pas souvent, ces mecs-là.

Bref. Tu vois le genre du cinéma intérieur ?
Ca me fatigue. Ca me donne envie de retourner dans ma carapace, seule devant Netflix, à me dire que de toute manière, je suis pas faite pour rencontrer quelqu’un, pour que quelqu’un s’intéresse à moi.
C’est ouf, non ?
J’aimerais régler ça. Parce qu’au lieu de juste profiter, je suis là en train de me morfondre, pour rien, en plus. Il est là, il est présent, il est cool, et moi je m’accroche sur des points de détail qui ne sont que le fruit de mon interprétation.