La bulle de Lili

L'avoir contre moi

J’avais écrit des trucs sur mon voyage dans le désert, beau, si beau, tellement de magie, mon cœur se serre encore, rien que d’y penser. J’essaie de garder tout ça précieusement dans un coin de ma tête. Et de le ressortir quand j’en ai besoin.
La vérité c’est que je clame que je suis bien toute seule, que je n’ai jamais été aussi bien. C’est vrai, dans un sens.
Dans un autre, j’ai eu J* dans mon lit dans la nuit de vendredi à samedi, et j’ai apprécié une présence masculine près de moi. J’étais en weekend de l’autre côté de la France, dans mes Alpes, dans mes montagnes, si belles qu’elles m’ont serré le cœur quand je les ai vues, et que je me suis rendu compte qu’elles me manquaient terriblement.
Ca m’a vraiment frappée. Je ne pensais pas être en demande comme ça. Je m’étais faite à l’idée qu’il ne viendrait pas dans mon lit, comme d’hab.
Et puis à 6 heures du matin il est rentré, il s’est glissé dans le canapé-lit près de moi, je faisais semblant de dormir, et j’ai souri. Juste l’avoir là, derrière moi, j’étais heureuse.
Ses mains qui me cherchent un peu, puis il s’endort, repose une main sur mon dos, mes fesses, ses pieds contre les miens.
Sa main qui passe sous mon t shirt, caresse mon ventre, mes seins, puis s’éloigne, il se rendort.
Je crois que c’est cette caresse, sa main chaude sur mon ventre tout aussi chaud, sous les couvertures, dans le silence, qui m’a fait me rendre compte que c’était quand même bien cool, une présence masculine dans son lit.
Et puis à un moment, vers 7 heures, je me mets sur le ventre, je tourne la tête vers lui, il tourne la tête vers moi et m’attire tout contre lui.
J’ai aimé ces petits moments. Ce qui a suivi était beaucoup moins tendre, beaucoup plus sauvage, mais c’était assuré, confiant, je me suis laissée guider. Ce silence, toujours, parce que dans les chambres voisines, il y a G*, son mari, son bébé, et qu’ils risquent de se lever à tout moment. Cette fatigue, aussi, due au manque de sommeil, à l’alcool dans ses veines, qui fait qu’on arrête assez vite, qu’il dit qu’on devrait dormir, que je lui dis "oui, surtout toi… il s’est rien passé, hein", et qu’il répond "je me souviens même plus de ton prénom".
J*, c’est le témoin rencontré à un mariage il y a bientôt 2 ans, mon plan cul virtuel, devenu un peu réel, mais pas trop, celui que je ne pensais pas revoir après ce qu’il s’est passé l’an dernier à T*, celui avec qui finalement j’aurais passé une bonne soirée, entourée de plein d’autres gens, où j’étais relax et j’ai apprécié la compagnie de tout le monde, et avec qui j’ai passé, de manière complètement inattendue, la matinée à garder le bébé, pendant que G* faisait les courses et que son mari dormait encore (assommé par l’alcool lui aussi). Matinée très douce, tournée autour de l’enfant, à discuter de tout et de rien, ensemble, comme deux vieux potes, et j’ai apprécié.
J’aurais aimé avoir plus de temps, dans une chambre fermée, avec lui, avoir toute une journée nue, rien qu’avec lui, pour assouvir tout ce qu’on s’est écrit.
C’était finalement assez inattendu, et surtout, en fait, très simple. Très fluide. Je ne sais pas comment expliquer.
J’ai eu un coup de redescente quand G* m’a appris qu’il couchait toujours autant avec plein de filles. Je suis complètement sortie du weekend, avec cette impression que finalement je n’étais pas si unique que ça. Heureusement que j’ai Clara, toujours prête à m’aider et me rassurer dans ces situations-là. Tellement chanceuse de l’avoir !
Et donc nous voilà repartis pour une nouvelle semaine. Je récupère mes petits ce soir. Grand écart un jour, grand écart toujours.