La bulle de Lili

Fatiguée

Ca va aller, dis ?
J’ai eu raison d’acheter cette maison ?
Les jours passent, lentement, et pourtant très vite.
Lentement parce que le chantier n’avance pas, du moins c’est l’impression que j’ai. Ca va doucement, et on déterre de nouveaux problèmes. Vite, parce qu’on est déjà quasiment au 20 novembre, dans deux petites semaines, je dois y être, et bordel, j’ai peur, rien ne se passe comme prévu.
Jeudi soir, quand Pat m’a dit qu’il s’était rendu compte qu’une partie de la maison n’était en fait pas reliée au tout-à-l’égout, j’ai paniqué. J’ai appelé Mat en pleurant, il a cru que j’étais retombée malade, j’ai dit que ce n’était "que" ça, en me rendant bien compte que comparé à ce que je me suis déjà pris dans la figure il y a quelques années, ce n’est rien, "c’est que du technique, ça, ya des solutions".
Vendredi, j’ai eu l’impression de remaîtriser le truc, grâce à lui, qui fait venir un ami plombier, avec qui je trouve une solution satisfaisante (fierté de la meuf) qui peut se faire avant l’échéance du déménagement (sans pétage de dalle, tout ça). Pat fait la gueule que j’ai décidé ça sans le consulter, sans prendre son ami à lui, plombier, qui a découvert le pot aux roses. Pat décidé d’investiguer, se rend compte que l’eau s’écoule purement et simplement sous la maison, en infiltration. "Tu peux porter plainte, vois avec ton notaire".
Depuis, il pleut des trombes d’eau, je suis dans mon "ancienne" maison, au sec, et je pense à la fuite d’eau dans le toit, non solutionnée, et à cette infiltration. J’imagine des murs poreux, moisis, je vois cette maison comme une adversaire, je suis fatiguée de tous ces problèmes qui émergent, je m’en veux de m’en vouloir. Je suis fatiguée de trier, de faire des allers-retours à Emmaus, j’ai l’impression que même ces cartons, ça n’avance pas. Cette maison se vide mais bordel, elle est toujours aussi remplie. On est dimanche soir, j’aurais encore un million de choses à faire, j’ai passé ma journée à bosser - après trois mois à me plaindre de pas avoir de taf, là, j’en ai trop.
J’ai envie de lâcher prise, d’avoir confiance en la vie qui finalement ne me déçoit jamais et me porte toujours un peu plus haut.
J’ai envie d’être forte, souriante, confiante, heureuse, mais là, je suis juste fatiguée.