La bulle de Lili

Ca y est

Je reviens d’un déjeuner avec Mat. Ce que l’action du temps permet de faire, c’est fou, quand on y pense.
On a donc passé une heure à parler des enfants, d’à quel point ils étaient mignons mais que l’éducation c’est quand même pas simple, à se donner des nouvelles d’amis "d’avant", à discuter du planning de garde en vraiment grande intelligence.
Puis je suis allée chez lui parce qu’il avait des papiers à me donner, donc dans cette maison qui fut aussi la mienne, où je n’ai pas pu m’empêcher de lisser l’étiquette de la boîte aux lettres, regarder les jouets éparpillés des enfants, observer le jardin et commenter la mosaïque qu’il va y installer, discuter de tout, de rien, des voyages, de sa famille, comme si de rien n’était.
Terminer tout ça par "bon bah c’était chouette, on se refait ça bientôt ?"
Qui l’eut crû, hein ?
Qui eut crû qu’un homme que j’ai aimé si passionnément, que j’ai détesté tout aussi passionnément de m’abandonner (selon ma vision des choses) alors que je vivais l’une des choses les plus douloureuses de ma vie, qui eut crû que je puisse avoir de jolis moments en toute amitié avec lui ? C’est même plus que de l’amitié, malgré tout il reste l’une des personnes qui me connaît le mieux, qui pendant 8 ans de ma vie a tout su, m’a connu intimement ; c’est aussi celui qui m’a douché quand j’étais à l’hôpital, quand j’étais trop faible pour le faire, avec douceur et compassion, et ça je ne l’oublierais jamais.
Je suis heureuse de l’avoir eu dans ma vie, je suis heureuse de l’avoir aimé, je suis heureuse qu’il soit le père de mes enfants.
Je suis heureuse qu’il m’ait amené à vivre ici, je suis heureuse de partager tout cela avec lui.
Je pense que ça y est, je suis prête à tourner la page.