La bulle de Lili

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décembre 2014

Ce que je ne te dis pas

Souvent, je te reprends, je suis derrière toi, je te gronde. Parce que tu fais des bêtises, parce que tu me réponds avec aplomb, parce que tu traînes à venir mettre tes chaussures et ton manteau. Souvent je souffle, on se fâche tous les deux, puis on se réconcilie. Je te dis au moins vingt fois par jour que je t'aime, parce que c'est la chose la plus importante, pour moi. Avec les bisous et avec les câlins. Mais il y a plein de choses que je ne te dis pas. Je ne te dis pas que quand je te couche le soir, ou à la sieste, je suis toujours impressionnée par le fait que tu restes (...)

M'évader

Des fois j'aimerais m'évader. J'aimerais ne pas avoir à me faire opérer la semaine prochaine et me faire enlever les seins. J'aimerais ne pas avoir peur d'une récidive, de métastases. J'aimerais ne pas connaître tout ce vocabulaire. Revenir en arrière, non. Juste ne pas être malade. Juste être normale, avoir la vie devant moi, pouvoir imaginer que oui, je vais vieillir, oui, j'aurais les mains ridées, oui je connaitrais mes petits-enfants. Sans toujours avoir cette pensée qui dit "cancer très dangereux, peut-être métastases, autant dans un an c'est fini". Je suis optimiste la (...)

Et un Joyeux Noël bien sûr !

"Lili, je suis vraiment heureux de te voir aujourd'hui. J'ai un très beau cadeau de Noël en ce 24 décembre. On a analysé tout ce qu'on a enlevé dans ton sein et... il n'y aucune trace du cancer. Tu as très bien réagi aux traitements, réponse totale. On n'a rien retrouvé du tout". C'est fini, comme ça ? D'un coup de baguette magique, on enlève tout, on efface tout et on recommence. Un poids qui s'enlève de mes épaules. Mon papa qui est avec moi à ce moment-là et qui savoure cette victoire. Cette sensation que la vie est d'une douceur incroyable. Marcher dans la rue et se dire : (...)

Maman

Je suis venue te voir tout à l'heure avec mon petit papier, j'avais écrit tout ce que j'avais à te dire dessus. Une fois que je t'ai eue en face de moi, que tu m'as dit que tu n'avais qu'une peur, c'était de pas passer l'année, j'ai su que tu n'écouterais pas ce que j'avais à te dire. J'aurais aimé que tu m'écoutes sans dire "mais non c'est pas vrai" à chaque chose que je te disais. Je le ressens, donc pour moi c'est vrai. A l'heure où j'écris j'ai encore beaucoup de colère en moi, d'impression de non-dit, d'impression d'impuissance aussi parce que notre relation ne va jamais (...)